SOMMAIRE :
   
  Mise à jour le :
14 novembre 2008
  Câble électrique « solaire » Adrar-Aachen Un projet mort-né ? - Par M'hamed Rebah
   
  Mise à jour le :
28 octobre 2008
 

Changement climatique L 'Afrique à Alger Par M'hamed Rebah

 

Un produit hautement dangereux La fin de l'amiante en Algérie Par M'hamed Rebah

 

Sonelgaz vend des lampes basses consommations L'économie d'énergie dans les foyers Par M'hamed Rebah

 

Du 19 au 21 octobre 2008
1 er Salon algéro-allemand de l'environnement
Par M'hamed Rebah

   
  Mise à jour le :
10 octobre 2008
 

American écolo : l'environnement s'invite dans la campagne - Par Hélène Crié-Wiesner

 

Les écolos s'immiscent dans la campagne électorale canadienne - Par Cécile Gladel

   
  Mise à jour le :
24 septembre 2008
 

Le gouvernement s'y met
Les espaces verts à l'honneur Par M'hamed Rebah

   
  Mise à jour le :
01 juillet 2008
 

La médiation environnementale, le maillon manquant
Pour éviter que les conflits ne dégénèrent
- Par M'hamed Rebah

 

Le paludisme veut revenir - Par M'hamed Rebah

  Les médias et l'écologie Indice vert - Par M'hamed Rebah
   
   
 
ARCHIVES :
TOUTES LES ACTUALITES INTERNATIONALES DE L'ANNEE 2008
 
 
 

 

 

Algérie

Câble électrique « solaire » Adrar-Aachen Un projet mort-né ?

Par M'hamed Rebah - Article paru dans La Nouvelle République

En novembre 2007, la presse algérienne annonçait un projet d'exportation d'électricité solaire d'Algérie à destination de l'Allemagne, via un câble de 3000 km de long. L'information avait été révélée à l'occasion d'une conférence algéro-allemande sur le thème «Sécurité énergétique et changement climatique, un défi pour l'Allemagne et l'Algérie», organisée à l'hôtel Sheraton, en présence du président de la République fédérale d'Allemagne, M. Horst Kohler, alors en visite à Alger, et du chef du gouvernement algérien, à l'époque Abdelaziz Belkhadem. Les journalistes qui ont couvert l'événement avaient rapporté tous les menus détails, y compris les coûts astronomiques, du projet concernant l'installation des centrales solaires dans le Sud algérien, d'une capacité de production d'électricité pouvant aller jusqu'à 6000 mégawatts (MW), avec un budget oscillant entre 12 et 18 milliards d'euros et concernant également la liaison par câble de 3 000 km qui relierait la ville de Adrar à Aachen (Aix-la-Chapelle), en traversant la Sardaigne, l'Italie du Nord et la Suisse et dont le financement était estimé à 2 milliards d'euros. Les sources de ces informations : le directeur général de New Energy Algeria (NEAL) et l'agence spatiale allemande. Les comptes rendus avaient fait ressortir la « portée stratégique » du projet destiné à assurer la diversification des ressources d'énergie importées par l'Union européenne et la sécurisation de leurs sources d'approvisionnement en énergie électrique. Seule réserve, de taille cependant, émise à l'époque par les journalistes : le projet était dans l'attente de l'accord des responsables politiques des deux parties ainsi que du consortium d'investisseurs appelé à acheter cette électricité solaire.

Près d'un an après, le 19 octobre 2008, dans le même hôtel Sheraton, aussi bien du côté algérien (le ministre chargé de l'Environnement) que du côté allemand (l'ambassadeur à Alger), on avoue ne pas connaître grand-chose sur l'évolution de ce projet. Interrogé à ce sujet, à l'occasion du premier salon algéro-allemand de l'environnement, l'ambassadeur d'Allemagne, Johannes Westerhoff, a fait remarquer qu'il n'y a pas de technologie pour transporter de l'énergie sur une aussi longue distance, il faut, a-t-il ajouté, une recherche énorme qui demande beaucoup d'investissements. Le projet est réaliste, mais il est difficile de définir l'horizon dans lequel il sera concrétisé, a conclu l'ambassadeur d'Allemagne.

La liaison Afrique du Nord - Europe à travers un réseau d'électricité solaire qui passe par la Méditerranée, reste du domaine du rêve. « Clean power from desert », un projet mort-né ?

Cela n'empêche pas l'Algérie de poursuivre son objectif qui est de produire 5 % de son électricité à partir de l'énergie solaire d'ici à 2015. Dans cette perspective, une centrale hybride combinant l'énergie solaire et le gaz naturel, la première à l'échelle mondiale, sera mise en service à Hassi R'mel, en 2010, selon les prévisions du ministère de l'Energie et des Mines. Elle produira 180 MW. Le coût de la réalisation, confiée à une société mixte algéro-espagnole, constituée entre NEAL et Abenar, est estimé à 350 millions de dollars.

L'Algérie compte sur l'Allemagne pour atteindre son objectif en matière d'énergie solaire. En janvier dernier, à Bruxelles, un accord de coopération a été signé entre le Centre Helmholtz de recherche aérospatiale (DLR) et NEAL pour la recherche dans le domaine de l'énergie solaire thermodynamique. Par ailleurs, l'Unité de développement de la technologie du silicium (UDTS) algérienne et la société allemande Sonnergy GmbH ont décidé de créer une société de droit algérien, ALEN, pour construire, à Berrouaghia, au sud d'Alger, une usine de silicium grade solaire.

Les Allemands sont intéressés par le marché algérien des énergies renouvelables qu'ils qualifient de très dynamique. Preuve de cet intérêt : la Chambre algéro-allemande de commerce et d'industrie (AHK Algérie) organisera du 30 novembre au 3 décembre 2008, en collaboration avec l'Agence Allemande de l'Energie (Dena), un séminaire sur le thème des énergies renouvelables et plus particulièrement l'énergie solaire, avec la participation d'une délégation d'hommes d'affaires allemands.

 

 

Algérie

Changement climatique L’Afrique à Alger

Par M’hamed Rebah (article paru dans le numéro de septembre de la revue Economia)

L'Algérie, en sa qualité de présidente du Groupe Afrique pour les changements climatiques, abritera la Conférence africaine des ministres de l'Environnement sur les changements climatiques les 19 et 20 Novembre 2008 à Alger. L’objectif de cette rencontre, selon des sources officielles, est de contribuer effectivement et efficacement à la prise en considération des préoccupations africaines face aux effets et conséquences des changements climatiques. La Commission pour les changements climatiques des Nations unies considère que les changements climatiques sont le plus grand danger pour l'environnement en Afrique subsaharienne, accélérant l'avancée du désert et l'érosion des côtes littorales. La Conférence d’Alger devrait permettre à l’Afrique de parler d’une même voix dans les futures négociations internationales pour que sa voix soit entendue à la Conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se déroulera à Copenhague en décembre 2009.
Déjà , à la conférence d'Accra, qui s’est tenue, fin août, au niveau des experts - troisième rendez-vous depuis la conférence ministérielle de Bali en décembre 2007 et la dernière avant celle de Poznan (Pologne), en décembre 2008 - le cas particulier de l'Afrique a été évoqué longuement, les participants s'accordant sur le fait qu'il est impératif d'améliorer les mécanismes de développement propres (MDP). L'Afrique compte parmi les régions du monde les plus vulnérables au phénomène du changement climatique dont les effets se traduisent par la réduction de la production agricole, la détérioration de la sécurité alimentaire, l’incidence accrue des inondations et de la sécheresse, la propagation des maladies et l’augmentation du risque de conflits en raison de la raréfaction des terres et de l’eau.
L’Afrique a besoin de mettre en œuvre des mesures d'adaptation et, pour cela, a besoin des technologies appropriées. En effet, la capacité des pays en développement à engager des actions pour atténuer les effets du changement climatique dépend du degré de transfert des technologies des pays développés aux pays en développement.
Selon les spécialistes, la part de l'Afrique subsaharienne représente une fraction minime des projets développés dans le cadre de la Convention cadre des Nations unies pour le changement climatique (Ccnucc), de l'ordre de 1,4% sur un total de 3 700 projets soumis. Pourtant, toutes les institutions internationales s’accordent à dire que l’Afrique possède un potentiel énorme de développement de projets dans le cadre du MDP, particulièrement dans les énergies propres. Le PNUE estime que les projets MDP pourraient drainer en Afrique près de 1 milliard de dollars d'ici 2012. D’après la même source, le nombre de projets MDP en Afrique devrait passer de 71 à 150 à 230 en 2012. Déjà, six pays africains ont vu émerger leurs premiers projets MDP : la République démocratique du Congo,
Madagascar, Maurice, le Mozambique, le Mali et le Sénégal. Cette faiblesse de l’Afrique, en matière de projets de MDP, est du essentiellement au manque de capacités et de compétences locales ainsi qu’au manque de planification et aux lacunes dans la réglementation.

 

Algérie

Un produit hautement dangereux La fin de l’amiante en Algérie

Par M’hamed Rebah (article paru dans le numéro de septembre de la revue Economia)

Depuis quelques mois, il n’y a plus de production d'amiante-ciment en Algérie. Les trois usines qui étaient spécialisées dans cette activité viennent d’être fermées et leurs sites doivent être soumis à une opération de désamiantage. Ces usines ont été construites dans les années 70 et étaient implantées à Zahana, dans la wilaya de Mascara, Meftah, près d’Alger, et Bordj Bou Arréridj, dans l’est-algérien. Une quatrième usine, celle du Gué de Constantine, dans la périphérie d’Alger, construite dans les années 50, durant la période coloniale, avait déjà été fermée à la fin des années 90. L’importation de produits à base d’amiante a également été interdite par le gouvernement.
C’est un peu la fin de l’aventure algérienne pour ce minéral fibreux et cristallin dont les « bonnes » propriétés physiques, chimiques et le faible coût, lui ont ouvert largement et partout les portes de l’industrie et du bâtiment. L’amiante est très résistant à l’action du feu et aux agressions chimiques diverses. Ses fibres sont assez souples pour pouvoir être tissées. Il n’est pas surprenant de le trouver dans une gamme très large de produits allant des plaquettes de freins jusqu’aux produits de protection contre les incendies ou d’isolation phonique. Il y a des cas où son utilisation est incontournable comme pour les garnitures de freins de poids lourds et les vêtements ignifugés de pompiers. On trouve l’amiante même dans les bijoux où il est mélangé à du quartz.
En Algérie, les quatre usines, aujourd’hui fermées, transformaient l’amiante importée pour l’essentiel du Canada, mais aussi d’Afrique du Sud, en le mélangeant au ciment pour la fabrication de tuyaux et de plaques en amiante-ciment, des produits destinés aux secteurs du bâtiment et de l’hydraulique. A coté de ces usines, qui appartiennent secteur public, d’autres usines privées utilisent l’amiante pour fabriquer les plaquettes de frein.
Contrairement à une idée fausse largement répandue chez les profanes, la chaîne alimentaire n’est pas concernée par le risque lié à l’utilisation de l’amiante. Ses nuisances, l’amiante les porte dans ses fibres et le danger vient uniquement des poussières d’amiante quand elles sont inhalées. En général, quand nous inhalons des fibres, notre système respiratoire possède tout un dispositif de défense. Les plus grosses peuvent être arrêtées par les poils du nez, les cils vibratiles et les muqueuses des conduits respiratoires, et rejetées à l’extérieur par le mouchage, la toux, les éternuements ou l’expectoration par crachats. La particularité des fibres d’amiante est qu’elles sont très fines, moins d’un micron, c'est-à-dire un millième de millimètre de diamètre. Inhalées, surtout en ambiance de travail, elles peuvent pénétrer de façon plus profonde dans le système respiratoire pour atteindre les bronches et elles restent prisonnières des alvéoles pulmonaires ou de la plèvre. A ce niveau, le dispositif de défense est moins efficace d’où le caractère irritant et nocif de ces fibres. Certaines particules ne seront jamais éliminées. Elles entraîneront des cancers pulmonaires et de la plèvre, des fibroses pulmonaires, des plaques pleurales. Le lien de cause à effet est difficilement établi entre l’amiante et ces maladies parce qu’elles n’apparaissent que vingt, trente, voire quarante ans après l’exposition. C’est pourquoi, les spécialistes considèrent que l’amiante handicape et tue lentement.
L’amiante constitue un des principaux problèmes d’environnement en Algérie. Les usines ont été des sources de pollution de l’environnement. Les poussières parvenaient jusqu’aux habitations et les déchets d’amiante étaient soit enfouis dans l’enceinte de l’usine soit carrément jetés dans les décharges. Le cadastre national des déchets dangereux, établi par les services de la direction générale de l’environnement (DGE), en a recensé des milliers de tonnes dont le stockage doit être rigoureusement contrôlé en attendant l’opération de vitrification éventuelle.
Ce n’est pas tout : ce matériau cancérigène a été systématiquement utilisé dans les constructions en Algérie, particulièrement dans les années 1980. Le désamiantage a commencé avec l’opération qui a touché la Coupole du complexe olympique du 5 juillet, à Alger, de décembre 2001 à octobre 2002. Cette première opération a coûté 10 millions de dollars.

 

Sonelgaz vend des lampes basses consommations L’économie d’énergie dans les foyers

Par M’hamed Rebah (article paru dans le numéro de septembre de la revue Economia)

Pour aider les ménages à faire une économie d’énergie sur l’éclairage domestique et alléger leur facture de consommation d’électricité, la direction commerciale de Sonelgaz a annoncé qu’elle allait distribuer, en octobre, 250 000 lampes basses consommations (LBC). Des lampes de ce type sont déjà disponibles dans le commerce mais la contrefaçon a, semble-t-il, quelque peu nui aux LBC conformes.
Selon des informations données il y a quelques mois par les responsables de l’Agence pour la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (Aprue), qui est partenaire de Sonelgaz dans cette opération, le prix de vente de la lampe, fixée à 250 DA, bénéficie d’un soutien du Fonds national pour la maîtrise de l’énergie. Cette première opération sera suivie d’autres durant les mois prochains. L’ADEME (Agence française de l’environnement et de maîtrise de l’énergie) apporte son soutien technique à ce programme d'envergure qui consiste en la diffusion, au total, d'un million de LBC.
Ailleurs, on appelle cela la sobriété énergétique, ce qui signifie ne pas s’arrêter à l’utilisation des énergies renouvelables mais regarder aussi vers la consommation. La démarche concerne, outre l’éclairage, le chauffage, la cuisine, le lavage et plein d’autres gestes quotidiens. Pour les dirigeants de l’APRUE, le secteur résidentiel qui représente, à lui seul, plus de 32 % de la consommation nationale, constitue un enjeu majeur pour la maîtrise de l’énergie. En novembre 2003, la Sonelgaz et la Télévision algérienne avaient procédé, avec les ménages algériens, à une opération-test pour montrer l’économie d’électricité que l’on peut réaliser en éteignant une ampoule qui serait restée allumée inutilement. En juillet dernier, les Marocains étaient appelés, un soir, à ne laisser, pendant 15 minutes, qu'une ampoule allumée. C’est la première grande expérience de rationalisation énergétique au Maroc où une opération de généralisation des lampes basses consommations dans les locaux de l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) a été lancée, portant sur le remplacement de plus de 800 lampes, dans le but de réduire la facture électrique de l'OFPPT, tout en contribuant au Plan national d'efficacité énergétique mis en œuvre en 2008 et qui vise à réduire de 15 % les dépenses énergétiques à l'horizon 2020. En Tunisie, les autorités ont mis en œuvre un plan de diffusion des lampes basses consommations.
Un pays différent de ceux du Maghreb, l’Irlande, a décidé depuis la fin 2007, de mettre fin à la vente des lampes à incandescence à compter de l'an 2009. En Amérique latine, à Cuba, en 2005, Fidel Castro a fait changer les ampoules afin de diminuer la consommation d’électricité et au Venezuela, Hugo Chavez a offert 52 millions d’ampoules basses consommations à ses concitoyens. Dans ces deux pays, les lampes à incandescence sont interdites. En 2007, l'Australie a décidé l'interdiction d'ici à 2010 des ampoules classiques. En Californie, les lampes à incandescence pourraient être interdites à la vente en 2012. Les membres de l’Union Européenne veulent améliorer l'efficacité énergétique dans les bureaux et l'éclairage public (en 2008) ainsi que chez les particuliers (en 2009), par l’utilisation de lampes qui permettent d'économiser l'énergie. En Allemagne, l’art de « construire sain » a conduit à l’emploi de matériaux naturels, une plus grande sollicitation de la nature pour la ventilation et l’éclairage ainsi qu’une exploitation intelligente de ses éléments - soleil, vent, eau, biomasse et géothermie - comme potentiel d’énergie. Enfin, en Algérie, quand les autorités parlent d’éclairage performant et d’équipements électroménagers performants, il faut entendre « économie d’énergie », c'est-à-dire moins de consommation d’électricité. C’est un des axes d’un programme qui va jusqu’à 2011.
Les experts de l'Agence Internationale de l'Energie, qui prônent un changement du mode d’éclairage, rappellent que l'éclairage consomme jusqu’à 19% de la production d'électricité mondiale ou presque 2% de la consommation annuelle d'énergie et il engendre 1 700 millions de tonnes de CO2.

 

Du 19 au 21 octobre 2008 1 er Salon algéro-allemand de l'environnement

Par M'hamed Rebah (article paru dans la Nouvelle République)

Après la Conférence sur « les énergies renouvelables et bourse de coopération dans le domaine de l'énergie solaire », qui s'est tenue le 10 décembre 2007, et la première Rencontre nationale sur « la gestion des déchets solides », qui s'est déroulée les 15 et 16 janvier 2008, Alger va abriter les 19, 20 et 21 octobre 2008, à l'hôtel Sheraton, le premier Salon algéro-allemand sur l'environnement « EnviroAlgérie ». Cette manifestation, tout comme les deux qui l'ont précédée, est organisée conjointement par la Chambre algéro-allemande de commerce et d'industrie et l'organisme gouvernemental allemand de coopération technique (GTZ). Des opérateurs des deux pays intervenant dans le domaine de l'environnement, particulièrement dans les filières de la gestion des déchets, de la gestion de l'eau, des énergies renouvelables et de l'efficience énergétique, seront présents à ce premier salon (au Maroc, le Salon « EnviroMaroc » en est à sa quatrième édition). La Chambre algéro-allemande de commerce et d'industrie a prévu, à leur intention, un atelier de travail qui leur permettra de se faire connaître, de discuter d'idées de projets et d'établir des contacts professionnels ou d'intensifier les contacts déjà existants. Parallèlement au salon, une conférence, animée par des experts, s'étalera sur deux jours et portera sur les « énergies renouvelables/efficience énergétique », « gestion des déchets » et « gestion de l'eau ».

Les opérateurs algériens, encore peu nombreux dans le créneau de l'environnement, auront l'occasion, à la faveur de ce salon, de voir où ils en sont par rapport à ce qui se fait dans un pays pionnier en la matière comme l'Allemagne et de prospecter les opportunités de coopération avec les entreprises allemandes. Le segment vert de l'économie algérienne en est à ses débuts, mais il est appelé à se développer pour faire face aussi bien aux problèmes des déchets ou de la gestion de l'eau qu'aux défis environnementaux dans le domaine de l'énergie et de l'efficacité énergétique.

Ce premier salon algéro-allemand sera également l'occasion, justement, de faire l'état des lieux concernant les entreprises algériennes qui opèrent dans le domaine de l'environnement. Combien sont-elles ? Dans quels créneaux ? Quelle est leur taille ? Quelle place ont-elles dans les activités de protection de l'environnement ?

Il est intéressant, pour ces opérateurs, de savoir que le Programme des nations unies pour l'environnement (PNUE) avec le Bureau international du Travail (BIT), la Confédération syndicale internationale (CSI) et l'Organisation internationale des employeurs (OIE), ont rendu public récemment un rapport intitulé «  Pour un travail décent dans un monde durable, à faibles émissions de carbone », qui cite une étude selon laquelle le marché mondial des produits et services liés à l'environnement devrait doubler pour passer de 1370 milliards de dollars par an actuellement à 2740 milliards de dollars vers 2020. L'étude précise que « la moitié de ce marché concerne l'efficacité énergétique et l'autre moitié les transports durables, l'approvisionnement en eau, l'assainissement et la gestion des déchets » et donne l'exemple de l'Allemagne où la technologie environnementale devrait quadrupler pour atteindre 16 pour cent de la production industrielle vers 2030. Autres exemples significatifs tirés de ce rapport : le recyclage et la gestion des déchets emploient aujourd'hui quelque 10 millions de personnes en Chine et 500 000 au Brésil ; en Chine, 600 000 personnes sont déjà employées dans des produits de fabrication et d'installation d'énergie solaire tels que les chauffe-eau solaires. 

Le rapport constate que « c'est lorsque le soutien politique au plus au niveau a été solide et cohérent que les marchés ont le plus prospéré et que les transformations ont le plus progressé ». Ce soutien, note le rapport, a notamment pris la forme « d'objectifs, d'amendes et d'incitations telles que les lois « feed-in » (tarif minimum garanti pour les énergies renouvelables), de normes d'efficacité pour les bâtiments et les appareils, ainsi que d'un secteur de recherche et développement dynamique ».

Le rapport indique que « l'évolution de l'emploi et de l'investissement liée aux actions entreprises pour faire face au changement climatique et à ses effets ont déjà généré de nouveaux emplois dans de nombreux secteurs et économies et pourraient créer des millions d'autres emplois, aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement ». Il s'agit, naturellement, non pas d'une occupation saisonnière et encore moins précaire mais d'emplois décents et durables.

 

 

 

Etats-Unis

American écolo : l'environnement s'invite dans la campagne

Par Hélène Crié-Wiesner
(Article paru sur le site de Rue 89 :

http://www.rue89.com/campagnes-damerique/2008/09/18/american-ecolo-lenvironnement-sinvite-dans-la-campagne

Quel candidat à la présidentielle a le meilleur programme de protection de l'environnement ? La question était peut-être pertinente jusqu'à la fin de l'été, mais aujourd'hui, presque tout le monde s'en moque. Sauf les écolos, qui s'arrachent les cheveux en assistant à ce spectaculaire revirement de l'opinion publique américaine.

Certes, « l'effet Palin » est passé par là : plus anti-écolo que la dame, y a pas ! Du fond de son fauteuil de maire, puis de gouverneure de l'Alaska, terre posée sur un gigantesque réservoir de pétrole, elle devait bouillir depuis deux ans. Car ses compatriotes basculaient doucement dans la prise de conscience de l'aggravation de l'effet de serre, de la réalité des changements climatiques, et commençaient même à envisager vaguement une évolution de leur mode de vie. Merci Al Gore !

Beaucoup d'Etats et de municipalités passaient à l'acte : audits des dépenses publiques d'énergie, chasse aux gaspis en eau et électricité, mesures favorisant l'accès des fermiers locaux (et parfois bios) aux marchés publics, limitation des bouteilles en plastique… Imperceptiblement, on voyait le citoyen lambda évoluer lui aussi : un peu de vélo par ci, plus de recyclage par là, mauvaise conscience affichée face à certains comportements de son entreprise, de sa « communauté »…

Les choses se sont brusquement enrayées en mai ( http://www.rue89.com/american-ecolo/moins-l-essence-etait-chere-plus-sa-hausse-fait-mal ), lorsque le gallon d'essence a atteint les 4 dollars. Les économies d'énergies devenaient alors une vraie obligation. Dans un premier temps, sans sous-estimer le facteur injustice sociale, les gens comme moi se sont réjouis de cette conversion forcée au principe de réalité : les Américains n'allaient plus avoir le choix, ils allaient devenir plus verts bon gré mal gré.

C'est raté, complètement raté ! Les gens sont désormais littéralement obsédés par le souci d'augmenter les ressources pétrolières des Etats-Unis. Pourquoi ? Pour maintenir les prix à un niveau supportable, bien sûr. Mais aussi pour pouvoir continuer comme avant sans se prendre la tête. Il faut admettre que l'impossibilité d'écouler sur le marché d'occasion son ancienne grosse voiture pour la remplacer par une moins gourmande n'a pas facilité la transition idéologique. L'absence de transports en commun fiables n'offre aucune alternative rapide à l'individualisme. Et le prix de la nourriture, qui, plus encore qu'en France, dépend des acheminements d'un bout à l'autre du continent, est décidément très douloureux. Alors, ras le bol des grands discours sur l'écologie, voilà tout !

Il suffit de voir comment a évolué la campagne présidentielle ces dernières semaines. Jusque là, John McCain ramait pour rappeler à l'opinion qu'il s'était toujours soucié d'environnement, qu'il avait même secoué très fort ses amis du parti républicain en martelant la responsabilité de l'Amérique dans les changements climatiques, et en clamant son opposition à l'ouverture aux forages pétroliers de la réserve naturelle de l'Alaska. Il oubliait juste de dire qu'il n'avait pas voté grand-chose au Sénat pour mettre ses discours en pratique, mais bon…

Barak Obama et Hillary Clinton, de leur côté, avaient fait assaut pendant les primaires de propositions en faveur des énergies renouvelables, des futurs millions d'emplois verts pour les ouvriers, et du contrôle des entreprises pour les obliger à polluer moins. Jo Bidden, le candidat à la vice-présidence aux côtés d'Obama, présente pour sa part un joli score d'actions, de votes et de prises de position plus que décentes en matière d'environnement.

Pour la première fois dans une campagne présidentielle américaine, les thèmes liés à l'environnement semblaient bien partis pour peser sur l'opinion. (Voir ce qu'en disait le Sierra Club  http://www.treehugger.com/files/2008/01/finally_environ.php sur l'excellent site Treehugger http://www.treehugger.com) Mais les passages estivaux par les stations services ont fait leur oeuvre, suivis des conventions démocrates et républicaines. Cette dernière a nettement fait basculer l'ambiance.

« Drill, baby, drill » (Fore, chéri, fore !) : cette phrase, plusieurs fois scandée par des milliers de supporters républicains lors de leur convention, désormais reprise à l'envi par les commentateurs et les débateurs, est devenue emblématique du virage pris par cette campagne. Au cœur de l'affaire : l'autorisation ou non par le Congrès des forages offshore dans des zones jusque-là interdites, ainsi que sur les terres fédérales situées dans les Etats qui le désireraient.

Obama et Bidden, ainsi que la plupart des candidats démocrates aux postes de gouverneur à pourvoir en novembre, avaient jusque-là affirmé leur opposition à cette mesure, pour des raisons écologiques autant qu'économiques : on va détruire des fonds marins et massacrer des terres protégées pour un pétrole qui partira sur le marché mondial, et qui n'aura qu'un très faible impact positif sur les disponibilités américaines.

Jusqu'à ce que Sarah Palin (et d'autres) s'en mêlent et retournent l'opinion publique, notamment ceux qui n'avaient pas d'avis arrêté sur la question. Obama tempère désormais son refus : « Non aux forages, sauf si… », et Jo Bidden explique : « On peut envisager de lever le moratoire si les Républicains s'engagent à ne pas exporter notre pétrole ; si ce pétrole-là est vendu moins cher aux Américains ; si les compagnies pétrolières payent des royalties aux Etats. »

McCain, défenseur de l'intégrité des espaces naturels en Alaska, s'en remet maintenant… à la sagesse de Sarah Palin, laquelle, insistons-là dessus, estime que Dieu est de son côté sur ce coup-là. Evidemment, si Dieu le veut, qu'est-ce qu'on va contester ?

La bataille des forages et l'ampleur des capitulations ayant anéanti tout débat décent sur l'environnement, le thème a logiquement rétrogradé dans l'ordre des priorités politiques. Certes les démocrates et les républicains insistent toujours sur la nécessité de développer les énergies renouvelables et les agrocarburants, le charbon « propre » et le nucléaire, mais désormais la perspective est différente, du moins aux oreilles des électeurs : on parle moins de changements climatiques, et plus d'indépendance énergétique.

Evidemment, sur la protection de la nature et les questions agricoles (l'aide au bio, l'expansion des OGM par exemple), nos candidats sont aux antipodes les uns des autres. Mais qui se soucie de leurs divergences sur ces sujets ?

Le magazine Plenty ( http://www.plentymag.com/ ) a publié mardi sur son site un tableau comparatif des positions environnementales des deux équipes candidates : http://www.plentymag.com/plenty_matrix.html

 

 

 

Canada

Les écolos s'immiscent dans la campagne électorale canadienne

Par Cécile Gladel

Les Canadiens iront aux urnes le 14 octobre prochain. La protection de l'environnement s'impose comme l'un des principaux thèmes de cette élection. D'autant plus que le premier ministre sortant conservateur (droite), Stephen Harper, s'est mis à dos l'ensemble du mouvement écologiste. Un site internet est d'ailleurs né afin de provoquer sa défaite en utilisant le vote stratégique. Les quatre autres partis remportant les faveurs des écolos.

Cinq partis se disputent les 308 circonscriptions à travers les 10 provinces et 3 territoires canadiens. Historiquement les partis conservateurs et libéraux s'échangent le pouvoir. Jusqu'à la dissolution de la 39 e législature, le parti conservateur formait le gouvernement. Cependant, il était minoritaire. Étant donné le système de scrutin, c'est ainsi qu'un parti qui ne gagne pas une majorité de votes, mais plus de sièges, peut constituer le gouvernement.

Un gouvernement qui reste fragile car il peut être renversé à tout moment par les partis d'opposition. Le parti conservateur a échappé à un tel scénario. Les partis d'opposition, pas prêts à affronter une campagne électorale, ne se sont jamais entendus. Bizarrement c'est plutôt le premier ministre Harper qui a déclenché les élections. Il espérait, et espère toujours, remporter un mandat majoritaire. De moins en moins probable selon les sondages. Un retour à la case départ finalement.

Si les partis d'opposition, le parti libéral (centre droit), le nouveau parti démocratique (centre gauche) et le Bloc québécois (parti souverainiste qui ne se présente qu'au Québec) et le parti vert, bien entendu, reçoivent les faveurs des environnementalistes canadiens de tout acabit, ce n'est pas le cas du parti conservateur.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, le gouvernement minoritaire du conservateur Stephen Harper n'a cessé de se heurter aux groupes environnementalistes. En particulier lorsque le premier ministre canadien a renié les accords du protocole de Kyoto, dans le sillage de son ami Georges Bush alors qu'historiquement le Canada en était l'un des ardents défenseurs.

Les hostilités s'enclenchaient. Les environnementalistes ne cessaient de critiquer les décisions, ou plutôt l'absence de décisions du gouvernement. Une guerre qui s'amplifia avec la croissance de l'exploitation des sables bitumineux en Alberta, province d'origine de Stephen Harper. La manière la plus polluante d'extraire du pétrole.

Pour ces raisons, pour son absence de plan en matière d'écologie, pour son déni des problèmes environnementaux, un site internet non partisan, mais pro-environnement, http://www.voterpourlenvironnement.org/ , a été fondé afin d'encourager les Canadiens à voter stratégiquement pour l'environnement. C'est-à-dire en favorisant l'un des candidats des quatre autres partis afin de barrer la route au candidat conservateur.

Comment cela fonctionne ? Le citoyen tape le code postal de sa circonscription. Grâce à l'analyse combinée des résultats de la dernière élection et des sondages, le site internet conseille de voter pour le parti libéral, le NPD, le Bloc québécois ou le parti vert ou de voter selon son cœur.

Sur la page d'accueil du site, on indique que si les Canadiens votent stratégiquement, le parti libéral formera le gouvernement, sinon ce sera le parti conservateur. Est-ce que le peuple canadien sera aussi écolo qu'il le dit dans les sondages et votera contre Stephen Harper et le parti conservateur ? Réponse le mardi 14 octobre en fin de soirée ou au matin du 15 octobre pour les européens lève-tôt !

 

 

 

Algérie

Le gouvernement s'y met Les espaces verts à l'honneur

Par M'hamed Rebah (article paru dans La Nouvelle République le 17/09/08)

Lors d'une de ses récentes réunions, le gouvernement s'est préoccupé de la situation des espaces verts. Selon le communiqué officiel, le gouvernement considère que « les espaces verts contribuent à la valorisation de la composante paysagère de nos villes, à l'amélioration du cadre de vie en milieu urbain et constituent pour la population, des espaces conviviaux de loisirs et de détente. Il en conclut qu'« il y a donc nécessité de veiller à leur préservation par des actions d'entretien, à les développer et à les promouvoir par des programmes de renouvellement ». On lit également dans le communiqué que « les espaces verts répondent à un besoin de contact avec la nature exprimé de plus en plus par les populations des villes, en manque de verdure. Aujourd'hui les responsables de la gestion urbaine intègrent de plus en plus la dimension des espaces verts dans tous les projets d'aménagement urbain afin de promouvoir l'image de la ville, d'améliorer le cadre de vie des populations et d'assurer son attractivité et sa compétitivité. » Le gouvernement a institué un prix national décerné à la ville la plus verte.

On peut penser, à la lecture de ces lignes, que le parc national d'El Kala, espace vert par excellence, a encore une chance d'échapper à la dégradation provoquée par le passage de l'autoroute Est-Ouest alors que son territoire est protégé par un statut spécial. Les observateurs qui suivent sur place la progression des bulldozers affirment que rien n'est encore définitivement joué et qu'il n'est pas trop tard pour agir et sauver le parc. La nature a besoin du petit geste qui permet d'empêcher le massacre annoncé, le geste qui signifie « stop ! » à l'adresse des conducteurs des bulldozers et qui dessine un autre tracé pour l'autoroute, en dehors du parc.

Un espace vert à sauver ici, à El Kala, un autre à réhabiliter là bas, à Alger, du côté de la Grande Poste, où, au début des années 1980, a été détruite une belle placette avec beaucoup de verdure et un jet d'eau, entourée de bancs publics et remplie de pigeons, à l'ombre de palmiers et d'une rangée d'arbres. A sa place, il y a maintenant d'affreux escaliers en mauvais marbre en forme d'amphithéâtre qui aboutissent à un centre commercial souterrain. Personne ne sait à quoi sert cet amphithéâtre, sans doute une erreur de construction, sauf qu'il donne prétexte à tapage nocturne puisque les élus locaux le « rentabilisent » à diverses occasions (soirées de ramadhan, fêtes nationales,…), en organisant, au mépris de la réglementation, des activités bruyantes le soir et durant une partie de la nuit.

On connaît aussi l'histoire des espaces verts transformés en dépotoirs avant leur destruction pour laisser place à des locaux commerciaux en béton. Fait significatif : les promoteurs immobiliers privilégient la location ou la vente d'espaces libres à des privés influents, pour des activités commerciales plutôt qu'aménager des espaces verts

Grâce à l'utilisation des technologies spatiales et de l'outil ALSAT 1, les spécialistes ont pu suivre, à l'aide d'images satellites, l'évolution des espaces verts en Algérie. La superficie qui leur est consacrée est de 1,5 m 2 par habitant contre 20 m 2 selon les normes internationales, lorsque l'on considère les populations rurales et urbaines.

Le ministère de l'Education nationale et celui de l'Agriculture et du Développement rural, ont décidé, eux aussi, de faire des gestes pour la nature. Huit millions d'arbres fruitiers locaux (figuiers, grenadiers, oliviers et palmiers) seront plantés, à l'échelle nationale, par des écoliers durant la période allant du 13 septembre courant au 21 mars 2009. Cette opération est intitulée « Une école, un enfant, un arbre, un double cadeau pour la nature et l'enfance ». Comment ne pas évoquer le reboisement de 1963 qui fut peut-être le plus grand mouvement de masse, écologiste avant la lettre, que l'Algérie n'ait jamais connu. Des centaines de milliers d'Algériens y avaient participé pour planter des arbres, freiner l'érosion sur les versants arides et sauvegarder la terre.

 

 

 

Algérie

La médiation environnementale, le maillon manquant Pour éviter que les conflits ne dégénèrent

Par M'hamed Rebah - (Article paru dans la Nouvelle République le 22-04-2008)

Le Lac tonga , le Lac le plus prestigieux du parc national d'El Kala ,
un des derniers vrai habitat des loutres dans tout le Maghreb . Novembre 1997 (photo BRK ) du site :
http://wildalgeria.blogspot.com/2007/03/dans-un-pays-de-contrastes.html

Le conflit qui oppose des écologistes algériens rassemblés autour du comité de sauvegarde du parc national d'El Kala (PNEK) au ministère des Travaux publics à propos du passage de l'autoroute est-ouest par le PNEK, fait ressortir l'importance de la démocratie participative, un concept qui, pourtant, remplit les discours officiels, ainsi que le rôle déterminant que pourrait jouer la médiation environnementale, une notion encore inconnue chez les décideurs et donc absente de leur discours. Fait significatif de ce retard : le Conservatoire national de formation à l'environnement (CNFE), qui dépend du ministère chargé de l'environnement, n'a pas inclus dans ses programmes, la médiation environnementale.

La médiation environnementale aurait pu prévenir le conflit qui a pour origine une controverse à propos du tracé du projet d'autoroute est-ouest dans sa partie PNEK. Ce n'est pas la seule raison d'y faire appel, il y en a des tas d'autres. On sait, par exemple, que l'une des plus grandes difficultés qui entrave la réalisation des centres d'enfouissement technique (CET), est liée au choix du site comme le montre la longue lutte menée par une association écologique contre l'implantation à Ouled Fayet (dans la banlieue ouest d'Alger) d'une décharge en remplacement de celle d'Oued Smar (dans la banlieue est). D'ailleurs, l'association de protection de l'environnement de Baba Hassen a, semble-t-il, obtenu satisfaction puisqu'elle a annoncé que, par arrêté rendu en date du 23 mai 2007, le Conseil d'Etat a ordonné la fermeture définitive de cette décharge. Le cas d'Ouled Fayet est tout à fait symptomatique. Les habitants d'un quartier ou d'un village sont très prompts à se mettre d'accord et à s'organiser pour empêcher l'implantation d'une décharge dans leur voisinage. Ils appliquent, certainement sans le savoir, le fameux principe du NIMBY (« not in my back yard », pas dans mon voisinage) mais par contre, ils savent exactement pourquoi ils refusent la proximité d'une décharge: dégagement de fumées et risque de pollution des sources d'eau, autrement dit, maladies hydriques et affections respiratoires en perspective.

Le problème des déchets ménagers se prête très bien à l'application de la médiation environnementale. En matière de déchets ménagers, en effet, la population et les autorités locales sont sur la même longueur d'ondes quand il s'agit de faire le constat : la situation actuelle est intenable. Mais quand on passe aux responsabilités, les divergences commencent entre l'accusation d'incivisme lancée contre les uns et le procès de mauvaise gestion fait aux autres. Les deux protagonistes se rejettent la balle. La médiation environnementale peut faire avancer les choses et éviter qu'un conflit que l'on peut gérer ne dégénère en positions inconciliables avec toutes les conséquences prévisibles ou, pire, inattendues.

La preuve que la médiation environnementale peut être efficace pour sortir de la situation créée par la gestion anarchique des déchets ménagers, est donnée par les exemples de bon comportement que rapportent assez souvent les correspondants régionaux de la presse quotidienne et qui ont trait, justement, à une gestion « participative » des déchets ménagers. A titre d'exemple, il y a un village à 70 km de Tizi Ouzou où une déchetterie a été entièrement financée par les cotisations des habitants.

La médiation environnementale fait partie des méthodes alternatives de résolution des conflits. Elle s'intègre naturellement dans la démarche de modernisation de la gestion locale que le gouvernement veut introduire dans les communes. Mais elle est inconnue chez nous alors qu'elle a un statut officiel dans plusieurs pays et commence à se faire une place dans le processus décisionnel de nombreux autres pays. Certaines entreprises internationales ont leurs propres médiateurs environnementaux. Mais, généralement, le médiateur environnemental est une partie tierce qui a pour fonction de faciliter le dialogue entre les parties en conflit.

Le tracé de l'autoroute est-ouest à El Kala, s'il avait fait appel à la médiation environnementale, aurait pu donner lieu à une recherche de compromis entre l'enjeu écologique (défense du parc national d'El Kala) et l'enjeu économique (réalisation de l'autoroute).

 

Algérie

Le paludisme veut revenir Santé et environnement

Par M'hamed Rebah - (Article paru dans la Nouvelle République le 29-04-2008)

Une médiatisation inhabituelle en Algérie a entouré cette année la Journée mondiale de lutte contre le paludisme que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé de célébrer depuis 2001 chaque 25 avril. La raison en est toute simple, le slogan choisi par l'OMS pour 2008, «Le paludisme : une maladie sans frontières», nous concerne directement. En 2007, 95 % des 288 cas de paludisme enregistrés sont, selon les estimations officielles, importés du Mali et du Niger.  Le nombre de cas autochtones n'est pas le signe d'une situation critique.  Il faut rappeler que de 1952 à 1961, il y avait 50 000 cas de paludisme enregistrés chaque année. Ce nombre a carrément dégringolé pour atteindre, dans les années 90, à peine quelques dizaines de cas autochtones, le total ne dépassant pas 250. C'est remonté en 2005, avec 299 cas.

Par contre, s'il y a, pour les autorités, un motif d'inquiétude, il est, sans doute, s'agissant des cas autochtones, dans les causes liées à la dégradation de l'environnement et à la prolifération de l'habitat précaire érigé près des oueds, des puits, des sebkhas, …La dégradation de l'environnement donne aux insectes les conditions favorables à leur pullulement. Les décharges sauvages, particulièrement - les riverains de Oued Smar et des autres dépotoirs éparpillés à travers le pays, le savent très bien – favorisent le développement des insectes et des maladies qu'ils véhiculent et transmettent à l'être humain par les piqûres. Cette situation nécessite un programme de prévention avec des mesures très sévères. Les autorités admettent que la santé de la population n'a pas de prix mais sans mesures préventives, les dépenses de soins seront exorbitantes.

Les conditions climatiques n'arrangent pas les choses. Les spécialistes estiment, en effet, que le réchauffement climatique favorise le développement de maladies infectieuses et parasitaires comme le paludisme inoculé par la salive de moustiques qui se reproduisent à proximité des zones marécageuses, vers 28 °C et dans une ambiance humide, ce qui correspond aux caractéristiques de beaucoup de régions de l'Algérie, y compris au nord. La situation est aggravée là où la remontée des eaux est provoquée par la pluie.

Les oueds et le drain  de palmeraies sont des lieux de prédilection des gîtes d'anophèles, principal  vecteur du paludisme. La hausse des températures fait migrer les insectes, selon des chercheurs qui sont convaincus qu'il y a un lien entre la température et l'alimentation des insectes qui se nourrissent de feuilles.

Selon les données de l'OMS, dans le monde, le paludisme tue chaque année plus d'un million de personnes et entraîne plus de 500 millions de cas clinique. Environ 40 % des habitants de la planète, vivant majoritairement dans les pays les plus pauvres, sont exposés au risque de paludisme. Parmi ces 2,5 milliards de personnes à risque, plus de 500 millions contractent la maladie sous une forme grave et plus d'un million meurent de ses effets chaque année.

Plus d'un décès infantile sur cinq (20 %) survenant en Afrique est dû au paludisme. On estime qu'un enfant africain subit en moyenne 1,6 à 5,4 épisodes de fièvre palustre chaque année. Toutes les 30 secondes, un enfant meurt du paludisme en Afrique.

Par ailleurs, dans le bassin méditerranéen, d'après le rapport sur l'état de l'environnement 2005 (RNE 2005), l'Algérie est le pays le plus touché par la leishmaniose. C'est un véritable problème de santé publique qui touche certaines régions du sud où les moustiques prolifèrent grâce à la présence de mares d'eaux usées. Les larves de moustiques se développent dans les eaux usées et quand les moustiques quittent leur larve, ils rejoignent les jardins et les palmeraies où ils se nourrissent et atteignent leur pleine maturité pour ensuite s'attaquer aux habitants. L'indicateur le plus immédiat de la gravité de la situation est le grand nombre d'enfants qui présentent des lésions cutanées dues aux piqûres de moustiques. La solution est dans les actions de protection de l'environnement à condition qu'elles sortent du domaine du symbolique pour se concrétiser efficacement dans la réalité et répondent aux besoins pressants en la matière.

 

 

Algérie

Les médias et l'écologie Indice vert

Par M'hamed Rebah - (Article paru dans la Nouvelle République le 07-05-2008) 

Malgré le contrôle gouvernemental que lui impose son statut d'établissement public, la Radio algérienne apporte une contribution non négligeable à la diffusion de l'information environnementale et à la sensibilisation de son auditoire à l'écologie. Malheureusement, c'est le cas des autres médias aussi, son influence sur les décideurs et sur la population reste faible, si on la mesure aux effets sur le terrain.

Prenons un exemple tiré de l'actualité : la radio publique et la presse écrite indépendante ont fait état de l'opposition des écologistes au passage de l'autoroute est-ouest par le parc national d'El Kala (PNEK) et elles ont fait connaître leurs arguments qui tiennent à la réglementation en vigueur dans notre pays et à l'importance de cet écosystème et la faune et la flore qu'il abrite. On s'attendait à ce que l'ordre soit donné aux bulldozers de s'arrêter à la limite du sanctuaire et de suivre le tracé qui le contourne. C'est le contraire qui s'est produit : les décideurs n'ont pas tenu compte de l'avertissement des écologistes et les bulldozers se sont mis à bouleverser cet espace naturel exceptionnel. Pire : Hamid Belkessam, le chroniqueur de la chaîne 3 de la radio, qui donne chaque matin -- à sa façon plutôt caustique, mais c'est le ton d'une chronique --  l'indice vert du pays, a été contraint au silence privant les auditeurs du plaisir d'écouter son réquisitoire matinal. Les décideurs que sa critique importunait sont certainement satisfaits, ils n'ont plus à entendre les sarcasmes du chroniqueur en se préparant à aller au bureau : tout va pour le mieux, maintenant, le «mais», cette conjonction qui sert à l'opposition, a disparu de l'évaluation, c'est l'unanimisme, tout a été accompli et il n'y a rien à dire. Pourtant, aucune personne sensée, ou même douée d'un minimum de raison, ne peut contester le fait que la politique nationale de l'environnement est «critiquable». On n'ira pas jusqu'à emprunter le raccourci populaire pour dire que dans cette politique «rien ne fait plaisir, tout fait mal au cœur» ou reprendre le jugement hâtif de ceux qui la considèrent comme une somme de velléités résumées dans le fameux « on va… ». La vérité est dans la réalité : les déchets ménagers éparpillés agrémentés de sachets aux couleurs différentes, les déchets dangereux oubliés dans des aires de stockage, l'air pollué, l'eau de mer impropre à la baignade, le littoral agressé, les égouts éclatés, le tapage nocturne comme s'il était autorisé,… Inutile de citer la pollution lumineuse, le retard de ceux qui manipulent les kilowatts sur la voie publique (c'est le contribuable qui paie) est trop grand et leurs capacités insuffisantes pour mesurer la nuisance qu'ils provoquent en improvisant les emplacements des projecteurs. Les autorités ont connaissance de cette situation. Le rapport officiel sur l'état de l'environnement en Algérie (dans ses éditions successives, depuis la première en 2000) ne cesse d'alerter sur la crise écologique que vit le pays. Le constat alarmant est suivi par une profession de foi incantatoire qui proclame que l'environnement est l'affaire de tous. Mais, en fait, cette formule est surtout destinée à diluer les responsabilités. En effet, souvent, par leur attitude, (l'exemple du Parc national d'El Kala n'est pas le seul à le prouver), les autorités laissent entendre aux écologistes qui veulent faire de l'environnement leur affaire, que justement…ce n'est pas leur affaire. 

Que reste-t-il ? La radio locale El Bahdja indique la piste qu'il faut suivre. Elle organisera, le vendredi 16 mai 2008, une journée sans voiture sur un petit itinéraire du centre d'Alger pour attirer l'attention sur la pollution de l'air entraînée par la circulation automobile. L'itinéraire passe par les sièges de l'Assemblée populaire nationale et du Conseil de la nation, d'où est sortie la loi sur l'environnement dont il a été fait peu de cas par les décideurs du tracé de l'autoroute dans sa partie PNEK. C'est aussi dans ces deux hémicycles qu'un polluant nommé diesel compte le plus d'amis.  Mais, cette idée de «journée sans voiture» ne plaira certainement pas aux constructeurs de routes, de trémies et d'autoroutes qui sont faites pour les voitures, pas pour les piétons.

On sait encore peu de choses sur l'initiative de radio El Bahdja et qu'est-ce qui en est attendu : un acte volontaire des automobilistes ou une interdiction de circuler sur les artères concernées ? Les bus qui roulent au gasoil polluant pourront-ils circuler ? Quelle alternative aux véhicules à moteur pour les personnes qui doivent se déplacer à cet endroit ? Y aura-t-il, sur cet itinéraire, un défilé avec les barouds assourdissants qui avaient «réhabilité» la nuisance sonore et révélé le grand malentendu écologique, un certain 5 juin 2006, Journée mondiale de l'environnement dédiée par les Nations unies à notre pays ? On verra bien.  Dans un mois, c'est Wellington, en Nouvelle-Zélande, qui sera l'hôte de la Journée mondiale de l'environnement. La ville est lointaine, mais le thème choisi tellement proche qu'on dirait qu'il a été pensé chez nous : «non à la dépendance du carbone», autrement dit, on l'a compris, du pétrole. On veut bien.

 

 

 

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